Il a fallu six longues années de recherche, de conception et de production, ainsi que la collaboration d'une foule d'organismes gouvernementaux, de l'industrie aérospatiale et des universités pour rendre cet exploit possible.
Le développement de l'exposition a été assuré par une équipe multidisciplinaire, dont Mme Doris Jelly (alors conservatrice en technologie spatiale) qui s'est chargée du contenu. Elle a d'ailleurs publié, en 1987, une monographie intitulée Canada: 25 years in space (en anglais seulement).
LE CANADA DANS L'ESPACE : DESTINATION TERRE traite du rôle prépondérant joué par le Canada dans le domaine des sciences et de la technologie spatiales, et illustre les réalisations canadiennes en ce domaine au cours des trente-six dernières années tout en offrant un survol des programmes en voie de réalisation. L'exposition insiste sur le fait que l'effort spatial canadien s'est orienté très tôt vers l'utilisation de l'espace et des techniques spatiales pour le bénéfice de la Terre - d'où le sous-titre « Destination Terre » - et plus particulièrement pour améliorer la qualité de vie des Canadiens / des Canadiennes.
En plein accord avec le thème général du Musée, « La transformation du Canada », l'exposition montre le génie inventif des Canadiens pour répondre aux besoins d'un vaste pays nordique et trouver des solutions à ses problèmes. Elle montre aussi abondamment à quel point la vie des Canadiens a été influencée par la technologie spatiale... communications à la grandeur du pays ou avec le reste du monde (le village global); de météo et de télédétection (observation des conditions atmosphériques, des récoltes, des forêts, des icebergs); de balises pour la navigation; de sauvetages ou de nouveaux matériaux.
L'exposition emploie une grande variété de moyens pour stimuler l'intérêt du visiteur et faciliter la compréhension du sujet. Disons tout d'abord qu'elle comprend la plus grande collection qui soit d'objets spatiaux canadiens de collection (modèles d'intégration d'Alouette de SIÉI (ISIS) et d'Hermès, l'antenne STEM, le costume spatial de Marc Garneau, des fusées Black Brant, certains instruments utilisés à bord de sondes spatiales ou lors de missions spatiales habitées, etc.). On y trouve aussi des modèles à l'échelle, des présentations audiovisuelles, des jeux et questionnaires informatiques, des éléments invitant à la participation, des effets spéciaux, des simulations, des environnements recréés, des théâtres... toutes choses propres à enrichir l'expérience du visiteur.
LE CANADA DANS L'ESPACE : DESTINATION TERRE comporte sept sections, chacune mettant en lumière un aspect important du programme spatial canadien et l'expertise développée au cours des années.
La 1re section, Prélude à l'espace, fait d'abord passer les visiteurs à travers un « corridor temporel » qui leur rappelle certaines visions de fiction ou d'anticipation concernant l'espace et leur présente les grands pionniers qui nous ont conduits jusqu'à l'ère spatiale. Puis, à l'aide d'une présentation multimédia spectaculaire, on fait comprendre pourquoi le Canada s'est tourné vers l'espace : le phénomène des aurores boréales est souligné et le modèle d'intégration du satellite Alouette, qui a fait entrer le Canada de plein pied dans l'ère spatiale, est mis en évidence.
La 2e section, Les sciences aérospatiales, met en lumière l'environnement géophysique de notre pays, la recherche poussée du Canada dans la haute atmosphère, ainsi que le développement et l'utilisation de fusées-sondes et de satellites. C'est là que l'on pourra voir, entre autres choses, deux fusées Black Brant, le modèle d'intégration du satellite ISIS et des antennes déployables STEM.
La 3e section, Les communications, est la plus imposante et reflète l'expertise du Canada reconnue mondialement en ce qui a trait à la technologie des satellites de télécommunication et aux applications possibles. Dans le théâtre John Chapman, on fait connaissance avec ce pionnier qu'on a appelé « l'architecte du programme spatial canadien ». On y présente le premier satellite de télécommunication à usage domestique, Anik A, ainsi que Hermès, un satellite expérimental de haute puissance pour la radio et la télédiffusion. On y parle aussi des satellites de repérage et de sauvetage et de communications mobiles. On y trouve enfin la reconstitution d'une zone d'intégration et d'assemblage, ainsi que d'une installation d'essais, du Laboratoire David Florida.
La 4e section, La Terre sous surveillance, porte sur l'expertise développée par le Canada en ce qui a trait aux techniques de prévision du temps et de télédétection, notamment la réception et l'interprétation des données satellite. Un certain nombre d'éléments interactifs aideront les visiteurs à comprendre ces nouvelles technologies. Radarsat, le premier satellite canadien de télédétection qui est en orbite depuis 1995, y est mis en évidence.
Les dernières sections mettent en relief la vie, le travail et les expériences des astronautes, ainsi que les effets des conditions qui règnent dans l'espace sur l'être humain. Les visiteurs découvrent d'abord des engins qui ont permis aux humains de se rendre et d'évoluer dans l'espace et une maquette de la soute de la navette spatiale américaine accompagnée du fameux Bras spatial canadien, première génération.
L'accent est mis sur l'établissement d'une présence humaine permanente dans l'espace, grâce en particulier à la station spatiale russe MIR et à la station spatiale internationale. On invite les gens à partager les expériences de vie et de travail des hommes et des femmes de l'espace. On insiste aussi sur la contribution canadienne à la station spatiale internationale, en particulier sur le Système d'entretien mobile et le Bras spatial canadien seconde génération avec ses deux télémanipulateurs agiles spécialisés et son système perfectionné de vision spatiale.
L'astronaute canadien Daffyd (Dave) Williams (bas, droite) participant
à une expérience d'une mission sur la navette spaciale STS-90 (1998).
Photo NASA
Puis on invite les visiteurs à faire plus ample connaissance avec les astronautes canadiens (hommes et femmes), avec le processus de sélection auquel les astronautes ont dû se soumettre et avec les missions spatiales auxquelles ils ont déjà participé ou se préparent à participer. Enfin, pour ceux qui seraient à la recherche d'une carrière exaltante dans le domaine spatial, on décrit toute une série de tâches dévolues aux scientifiques, aux ingénieurs, aux technologues et aux techniciens et on donne même une idée des études et des qualités humaines requises pour avoir accès à ces postes.
À travers toutes ces sections thématiques, une série de laboratoires permettent aux jeunes et moins jeunes d'explorer à loisir divers aspects de la technologie spatiale - comme les fusées, les satellites de communication, la télédétection, les expériences faites au laboratoire David Florida, les humains dans l'espace -- à l'aide d'éléments interactifs et de courtes vidéos.
Après cette visite, les gens peuvent monter à bord du nouveau simulateur Voyages virtuelsMD SimEx et faire le plein d'émotions fortes (chercher «simulateur »).
LE CANADA DANS L'ESPACE : DESTINATION TERRE fut la contribution du Musée aux célébrations de l'Année internationale de l'espace et du 125e anniversaire du Canada en 1992. Elle compte parmi les longues expositions vedettes du Musée des sciences et de la technologie du Canada, et elle est mise à jour de temps à autre.
Faites parvenir vos commentaires à :