Accueil
Plan du site | English | Pour nous contacter

Journal de l'Arctique – Expériences sur l'orientation - avril 2003

Nous sommes revenus à Alert cette année pour effectuer des expériences avec des appareils de navigation et de surveillance dotés du système mondial de localisation (GPS). Nous sommes à au moins 4 000 km de nos villes d'origine, qui se trouvent dans le sud du Canada, et les compas traditionnels ne fonctionnent pas ici. Le nord magnétique se trouve en effet au sud de là où nous sommes.
Un récepteur GPS capte des signaux radioélectriques émanant de plusieurs satellites à la fois et triangule les informations pour nous indiquer la latitude, la longitude et l'altitude exactes de notre position sur la terre. Armés de ces informations et d'une carte, nous pouvons parcourir tout l'Arctique avec sécurité.
Les premiers explorateurs de l'île d'Ellesmere s'en remettaient à des cartes imprécises et à des appareils de navigation traditionnels qui faisaient appel au soleil, à la lune et aux étoiles. Revenant dans leurs voyages aux mêmes endroits, ils ont dû reconnaître des caractéristiques uniques du paysage arctique pour les aider à s'orienter.
Lorsque les premiers explorateurs sont allés à la recherche de nouvelles terres dans l'Arctique canadien, certains d'entre eux ont vu des mirages, apparences trompeuses de falaises qui se dessinaient dans le lointain. Nous avons vu ce phénomène qui se produit lorsque les rayons du soleil traversent la couche d'air couvrant la surface de la glace qui, elle, subit un changement rapide de température. Étant donné que la lumière traverse l'air chaud plus rapidement que l'air froid, les rayons de lumière se courbent, donnant l'impression que les objets à l'horizon sont plus grands et déformés.
Il n'y a pas de smog près d'Alert, aussi les collines distantes nous semblent-elles plus près qu'elles ne le sont : il s'agit de la perspective aérienne. Il n'y a pas de bâtiments ni d'arbres, il n'y a que nos tentes qui nous donnent une idée d'échelle et de distance dans le paysage.
Les systèmes GPS nous servent essentiellement par temps très couvert où nous ne pouvons même pas voir les repères familiers en rentrant au camp de glace. Le ciel et la neige se ressemblent et nous devons nous déplacer très lentement en motoneige pour éviter de heurter des blocs de glace sur notre chemin. Dans d'autres régions du monde, une tempête de sable causerait un problème semblable aux soldats qui utiliseraient un GPS pour parcourir un terrain inconnu.
Pendant notre séjour à la Station des Forces canadiennes Alert, le personnel des Forces canadiennes ont exécuté un exercice sur les techniques incendie et sauvetage. En cas de situation d'urgence réelle, ils se serviraient d'un GPS pour se diriger vers le site d'un accident dans une tempête de neige.

Un avion Hercules CC-130 nous ramène chez nous. Pendant le vol, l'équipage se sert d'un système de navigation par inertie pour connaître notre direction. Un gyroscope qui mesure l'angle de l'avion dans toutes les directions fonctionne avec un accéléromètre qui mesure la distance parcourue dans toutes les directions. Des receveurs GPS sont souvent incorporés dans les systèmes de navigation aérienne pour donner plus de précision.

Été à la SFC Alert - juillet 2002 / Journal de l'Arctique