Les vents violents de cette
semaine ont rendu le travail plus ardu. Ils ont changé les bancs de neige
autour de nos tentes et ont presque enterré certains de nos équipements
entreposés au dehors.
Des empreintes de bottes,
vieilles d'un jour, débarrassées par le vent de la neige folle qui les
entourait, forment un mini banc de neige. La neige solidement damée
produisait un bruit criard sous nos pas.
Quelques chercheurs
d'Environnement Canada se sont joints à nous dans ce voyage. Ils sont
venus dans l'Arctique pour étudier la teneur en mercure de l'air et de
la neige.
Le mercure est un
polluant que l'atmosphère transporte facilement vers des régions lointaines
telles que l'Arctique. On a prélevé des échantillons d'air dans des tubes
spécialement enduits afin de déterminer la teneur en mercure de l'air
au-dessus de l'océan Arctique gelé.
De la neige fraîchement
tombée est récupérée d'une table téflonisée dressée à l'extérieur de la
station de surveillance de la pollution, à Alert
Les chercheurs
prélèvent, dans des bouteilles, des échantillons de neige provenant des
différentes couches à l'intérieur des bancs de neige profonde. Ils
ramèneront ces échantillons à Toronto dans une glacière remplie de neige,
qui empêchera les échantillons de fondre avant qu'ils subissent des tests
dans le labo.
Nous avons organisé une
expérience qui nous aidera à interpréter les images-radar satellite des
rivages de l'Arctique. Nous avons placé sur le rivage des coins
tridimensionnels en aluminium qui refléteront le radar très clairement,
et qui serviront de points de repère dans les images obtenues de RADARSAT,
le satellite d'observation de la Terre du Canada.
Lorsque nous
sommes revenus une semaine après pour vérifier les réflecteurs de notre
coin, nous avons découvert que plusieurs ont été déplacés. Le coin portait
des marques de dents et il y avait des empreintes d'ours autour.
Vers la fin de la semaine,
nous avons terminé nos expériences et nous devons commencer à emballer nos
équipements dans un grand conteneur type Bunyon qui sera envoyé à domicile
par avion Hercules.
De retour à
Alert, nous nous sommes préparés pour notre départ. La piste à Alert étant
faite de gravier couvert de neige damée, pour réparer une ornière, le
personnel des Forces canadiennes a rempli celle-ci de neige qu'il a ensuite
aplanie.
Certains d'entre nous
resteront sur les lieux pour emballer les équipements, mais nombreux
d'entre nous rentreront chez eux cette semaine. Nous nous sommes habitués
à la vie du milieu arctique et nous subirons un choc quand nous nous
retrouverons chez nous, dans la chaleur et les nuits noires. Nous avons
travaillé dur au cours du dernier mois et sommes impatients de retrouver
notre famille, mais nous sommes tristes de quitter les amis que nous nous
sommes faits à Alert.