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Journal de l'Arctique – Cinquième semaine

27 avril – 5 mai 2002

Les vents violents de cette semaine ont rendu le travail plus ardu. Ils ont changé les bancs de neige autour de nos tentes et ont presque enterré certains de nos équipements entreposés au dehors.
Des empreintes de bottes, vieilles d'un jour, débarrassées par le vent de la neige folle qui les entourait, forment un mini banc de neige. La neige solidement damée produisait un bruit criard sous nos pas.
Quelques chercheurs d'Environnement Canada se sont joints à nous dans ce voyage. Ils sont venus dans l'Arctique pour étudier la teneur en mercure de l'air et de la neige.
Le mercure est un polluant que l'atmosphère transporte facilement vers des régions lointaines telles que l'Arctique. On a prélevé des échantillons d'air dans des tubes spécialement enduits afin de déterminer la teneur en mercure de l'air au-dessus de l'océan Arctique gelé.
De la neige fraîchement tombée est récupérée d'une table téflonisée dressée à l'extérieur de la station de surveillance de la pollution, à Alert
Les chercheurs prélèvent, dans des bouteilles, des échantillons de neige provenant des différentes couches à l'intérieur des bancs de neige profonde. Ils ramèneront ces échantillons à Toronto dans une glacière remplie de neige, qui empêchera les échantillons de fondre avant qu'ils subissent des tests dans le labo.
Nous avons organisé une expérience qui nous aidera à interpréter les images-radar satellite des rivages de l'Arctique. Nous avons placé sur le rivage des coins tridimensionnels en aluminium qui refléteront le radar très clairement, et qui serviront de points de repère dans les images obtenues de RADARSAT, le satellite d'observation de la Terre du Canada.
Lorsque nous sommes revenus une semaine après pour vérifier les réflecteurs de notre coin, nous avons découvert que plusieurs ont été déplacés. Le coin portait des marques de dents et il y avait des empreintes d'ours autour.
Vers la fin de la semaine, nous avons terminé nos expériences et nous devons commencer à emballer nos équipements dans un grand conteneur type Bunyon qui sera envoyé à domicile par avion Hercules.
De retour à Alert, nous nous sommes préparés pour notre départ. La piste à Alert étant faite de gravier couvert de neige damée, pour réparer une ornière, le personnel des Forces canadiennes a rempli celle-ci de neige qu'il a ensuite aplanie.
Certains d'entre nous resteront sur les lieux pour emballer les équipements, mais nombreux d'entre nous rentreront chez eux cette semaine. Nous nous sommes habitués à la vie du milieu arctique et nous subirons un choc quand nous nous retrouverons chez nous, dans la chaleur et les nuits noires. Nous avons travaillé dur au cours du dernier mois et sommes impatients de retrouver notre famille, mais nous sommes tristes de quitter les amis que nous nous sommes faits à Alert.

Quatrième semaine/Journal de l'Arctique/Été à la SFC Alert-juillet 2002