La cryogénie et la cryologie font partie du domaine de la physique qui étudie
les températures très basses et leurs effets. Le préfixe « cryo » vient du mot
grec « kruos », qui signifie froid extrême. Les suffixes « génie » et « logie »
proviennent de mots équivalant à « production » et « étude » (méthodique).
Quand on les assemble, on obtient les mots « cryogénie » et « cryologie »,
c’est-à-dire production de températures très basses et étude de leurs effets.
Dans l’espace, les objets peuvent devenir très chauds, puis très froids. Cela
constitue un facteur important pour la conception et le choix des matériaux
utilisés dans les vaisseaux spatiaux.
Comment les substances suivantes réagissent-elles aux températures
très basses?
Métaux :
Comme plusieurs sortes de métaux entrent dans la fabrication des vaisseaux
spatiaux, il est important de savoir comment ces métaux réagissent au froid
extrême.
Les métaux se contractent au froid. En d’autres termes, ils prennent moins
d’espace. Certains métaux se contractent plus que d’autres à une température
donnée, comme le montre une bande constituée de deux types de métaux
différents (tels que le cuivre et le zinc) collés ensemble. Quand la bande
bimétallique est exposée à une température inférieure à celle de la pièce, elle
plie. Cela est dû au fait qu’un des métaux se contracte plus que l’autre à cette
température particulière. La bande plie dans la direction du métal qui se
contracte le plus, c’est-à-dire du cuivre dans le cas de la
bande bimétallique formée de cuivre et de zinc.
Cela montre que les interactions entre certains métaux
peuvent les rendre inadéquats pour la construction d’un
vaisseau spatial. Par exemple, une porte de cuivre insérée
dans un cadre de zinc pourrait mettre la vie des astronautes
en danger parce que les températures extrêmes de l’espace
extra-atmosphérique affecteraient l’étanchéité de la porte.
Caoutchouc :
Les voitures que nous utilisons dans la vie courante comportent souvent des
tuyaux, des joints d’étanchéité, des joints de culasse et des pneus en
caoutchouc. À la température de la pièce, le caoutchouc est très souple. Par
contre, quand il est soumis à un froid extrême, il perd son élasticité. Il devient
dur et rigide. Il ne plie plus quand on applique une pression sur lui; au
contraire, il peut casser. Dans l’espace, il est donc nécessaire d’utiliser
d’autres matériaux que le caoutchouc.
Gaz :
L’air que nous respirons est aussi affecté curieusement par
l’exposition à des températures très basses. L’air se
condense à mesure qu’il refroidit, ce qui signifie qu’il passe
de l’état gazeux à l’état liquide. Cela se voit clairement si
on place un ballon gonflé dans un environnement très froid.
L’air contenu à l’intérieur du ballon se liquéfie. Comme il
ne reste plus de gaz dans le ballon pour exercer de la pression sur les parois,
celui-ci se dégonfle et il ne reste plus qu’un ballon ratatiné, renfermant une
petite quantité de liquide. Ce liquide s’appelle de l’air liquide.
Quand le ballon et son contenu reviennent en contact avec des températures
plus chaudes (température de la pièce), l’air contenu dans le ballon prend de
l’expansion, et le liquide redevient un gaz. L’air à l’état gazeux peut de
nouveau exercer une pression sur les parois du ballon, qui reprend sa taille et
sa forme initiales.
Une substance qui se présente sous la forme d’un gaz à la température de la
pièce a un point d’ébullition relativement bas; elle possède assez d’énergie
pour se vaporiser à des températures inférieures à 20 degrés Celsius environ.
L’azote forme 78 p. 100 de l’air que nous respirons; il gèle à - 210 degrés
Celsius et bout à - 196 degrés Celsius. À la température de la pièce, l’azote
se présente donc sous la forme d’un gaz. Un récipient d’azote liquide placé à
l’intérieur d’un bâtiment bouillira; si on mesure sa température, le thermomètre
indiquera - 196 degrés Celsius. Le fait de plonger un objet dans l’azote liquide
le refroidit très rapidement.
Il existe de nos jours de nombreuses applications des gaz liquéfiés. L’oxygène
liquide sert à la fabrication de l’acier et à la propulsion des fusées.
L’hydrogène liquide est utilisé comme carburant pour les vaisseaux spatiaux.
On liquéfie le gaz naturel pour faciliter son transport. L’éthylène liquide est
utilisé dans l’industrie des matières plastiques, tandis que l’argon liquide est
employé en électronique.
Tissus vivants:
L’effet du froid extrême sur le corps humain est clairement visible si on
observe les plantes. Un morceau de salade ou un pétale de fleur exposé à des
températures très basses deviennent friables. Dans cet état, un tissu vivant
peut facilement être broyé ou brisé.
Le tissu vivant se compose principalement de minuscules
cellules renfermant beaucoup d’eau. Si on plonge une
matière végétale dans un environnement très froid tel que
l’azote liquide, l’eau contenue dans les cellules gèle
rapidement. Puis elle se solidifie et prend de l’expansion.
On peut facilement deviner les conséquences : un récipient
fermé rempli d’eau et laissé dans le congélateur éclate
parce que l’eau prend de l’expansion.
Un fait semblable se produit à l’échelle microscopique dans les tissus vivants.
Lorsque des cellules vivantes gèlent très rapidement, l’eau qu’elles contiennent
se solidifie et prend de l’expansion. Cette expansion et la formation de
cristaux de glace tranchants causent la rupture de la paroi des cellules.
Pour éviter ce genre de problème, les cosmonautes portent des vêtements
composés de sept couches différentes pour pouvoir résister aux températures
basses et élevées qu’ils peuvent rencontrer dans l’espace.
La congélation de tissus vivants a-t-elle des utilisations pratiques?
Si on ajoute une substance antigel comme le glycérol aux cellules avant de les
congeler, on peut abaisser la température à laquelle l’eau contenue dans ces
cellules gèle et ainsi contrôler la vitesse de congélation. Cela aide à empêcher
la formation de cristaux de glace à l’extérieur de la cellule et permet de
conserver les cellules pendant longtemps. Si les cellules dégèlent
convenablement, elles retrouvent leurs fonctions. Les difficultés augmentent
considérablement si on essaie de refroidir une grande quantité de cellules. Il
devient alors plus difficile de régler la vitesse de refroidissement, et il peut
arriver que les additifs antigel n’atteignent pas suffisamment les cellules situées
à l’intérieur de la masse cellulaire. De plus, les cellules peuvent souffrir du
manque d’oxygène. En conséquence, la conservation à long terme des
personnes, de leurs membres et de leurs organes n’est pas encore réalisable.
La congélation peut néanmoins servir à conserver de petites masses de
cellules. L’une des premières applications dans les années 50 a été la
congélation de sperme de bovin en vue de l’insémination artificielle. Ce
procédé permet de conserver le sperme pendant des années et de faire
profiter toutes les parties du monde d’animaux reproducteurs de grande
qualité.
Les scientifiques congèlent les microorganismes utilisés pour la production du
fromage. On peut aussi congeler le pollen de diverses plantes pour faire des
expériences de croisement sur des plantes qu’habituellement on ne trouve pas
ensemble. La congélation de cultures biologiques permet d’assurer une
réserve continue en vue des expériences.
La conservation de cellules de sang entier ou de sang fractionné est l’une des
applications les plus précieuses. Le sang réfrigéré de la manière habituelle se
conserve seulement 21 jours, après quoi il faut l’utiliser. On garde le plasma et
on jette les globules rouges et blancs. Toutefois, l’entreposage du sang dans
de l’azote liquide permet de constituer d’importants stocks nécessaires pour
faire face aux catastrophes ou pour approvisionner les groupes sanguins peu
courants. Une personne peut constituer une réserve de son propre sang. La
plupart des appareils conservent le sang à l’aide d’azote liquide, qui est une
matière pratique, abondante, inerte sur le plan biologique et relativement peu
coûteuse.
L’azote liquide sert aussi à conserver la nourriture par le biais de la
réfrigération ou de la surgélation. Cette dernière méthode consiste à immerger
la nourriture directement dans l’azote liquide ou à l’asperger d’azote liquide.
Ce procédé a l’avantage d’être peu coûteux, rapide et de réduire la perte
d’eau.
Les effets du froid intense sur les tissus peuvent être employés en
cryochirurgie, qui est l’application locale d’un froid intense pour détruire des
tissus de façon sélective à l’aide d’un instrument ayant la taille d’une aiguille à
tricoter. Cette technique est utilisée pour soulager les tremblements et la
rigidité dus à la maladie de Parkinson. Les médecins emploient aussi l’azote
liquide pour éliminer les verrues et les feux sauvages.
C’est une forme d’énergie, comme on peut le constater du fait qu’elle
fait fonctionner des machines et qu’elle peut
être transformée en d’autres types d’énergie
comme la lumière et la chaleur.
Elle est invisible. Durant un orage électrique,
on ne voit pas l’électricité. Ce que l’on
aperçoit est l’ionisation de l’air traversé par
l’électricité.
L’électricité est produite lorsque des particules
reçoivent une charge. Certaines particules reçoivent une charge
négative (électrons), tandis que d’autres reçoivent une charge positive
(protons). Ces charges opposées s’attirent; les particules qui ont une
charge identique se repoussent.
Le noyau de l’atome contient des protons (charge positive) et, normalement,
des neutrons (aucune charge) autour desquels tournent les électrons (charge
négative). Un électron a une masse deux mille fois inférieure à celle d’un
proton, mais sa charge électrique est égale à celle du proton. Les électrons de
plusieurs éléments, en particulier les métaux, se laissent facilement arracher de
l’atome et se déplacent librement à l’intérieur de la structure atomique. S’il
existe un état de charge déséquilibré, ce sont les électrons qui constituent un
courant électrique. Lorsqu’une pile ou autre source d’énergie électrique est
connectée à un fil, elle libère des électrons dans le fil. Ceux-ci entrent en
contact avec les électrons libres qui se trouvent dans le fil et qui sont
repoussés parce que leur charge est identique. Ils poursuivent leur contact
avec d’autres électrons libres le long du fil, provoquant une onde de pression
instantanée. Les électrons qui sortent à l’autre bout du fil peuvent alors allumer
une lampe ou faire fonctionner un moteur.
L’électricité statique est de l’électricité au repos. Elle est produite par le
frottement. Toute matière contient des particules positivement chargées
appelées protons et des particules négativement chargées appelées électrons.
Dans un atome sans charge, les protons et les électrons s’équilibrent les uns
les autres et l’atome est neutre. Si cet atome neutre perd un électron, parce
qu’il a un surplus de protons, on dit qu’il a une charge positive. Si un atome
neutre acquiert un électron, on dit qu’il a une charge négative.
Le frottement peut arracher des électrons de certains atomes. Certaines
substances, à cause de la nature de leurs atomes, ont tendance à perdre des
électrons et à recevoir une charge positive; d’autres substances acquièrent des
électrons facilement et reçoivent une charge négative.
Le générateur Van de Graaff du Musée retire des
électrons du grand globe, qui reçoit ainsi une forte
charge positive. Si vous vous tenez sur une plaque
isolée et que vous touchez ce globe, toutes les parties de votre corps
reçoivent une charge positive, y compris votre chevelure. Puisque des charges
identiques se repoussent, chaque cheveu essaie de s’éloigner des autres
cheveux. La meilleure façon est de se dresser bien droit. Le résultat - des
cheveux rebelles!