Harriet Brooks était une pionnière de la physique nucléaire à une époque où il était extrêmement difficile pour une femme d'entreprendre une carrière dans le monde de la science. Sous la direction du fameux physicien Ernest Rutherford à l'Université McGill, elle a étudié le comportement de l'élément radioactif nommé radium. Brooks et son équipe ont découvert qu'il se désintégrait pour former un nouvel élément, qui fut plus tard nommé « radon ». Quelques années plus tard, elle a conduit des expériences qui démontraient que le radon se transformait de la même manière. Cette découverte était connue sous le nom de « transmutation des éléments », et a jeté les bases de la compréhension de la radioactivité et de la structure de l'atome.
En 1906, alors qu'elle travaillait comme assistante au Barnard College de la ville de New York, Brooks s'est fiancée. À cette époque, les femmes mariées devaient démissionner de leur poste en raison de la politique du cours et de l'université. Quoique Brooks a éventuellement rompu ses fiançailles, elle a démissionné de toutes manières, possiblement contrainte par la résistance à laquelle elle faisait face. Elle est allée à Paris pour travailler avec Marie Curie. Peu après, elle s'est mariée à Frank Pitcher à Londres et a abandonné la physique. Elle est morte en 1933, probablement de leucémie. Les dangers de travailler avec des substances radioactives étaient inconnus au tournant du siècle, et les pionniers de la physique nucléaire ne savaient pas qu'ils devaient porter des vêtements de protection. Mais sur une période d'à peine treize ans, elle a fait des contributions fondamentales à la physique nucléaire, un exploit rarement égalé dans des carrières entières.
James Hillier
1915-
Jeune garçon, James Hillier prévoyait devenir graphiste. Mais il lui est advenu d'avoir un don pour les mathématiques et la physique et il s'est vu octroyer une bourse d'études en sciences à l'Université de Toronto. C'est à cet endroit, avec un autre étudiant nommé Albert Prebus, qu'il a inventé le premier microscope à électrons fonctionnel.
Les microscopes à électrons fonctionnent en concentrant un faisceau d'électrons plutôt qu'un faisceau lumineux. La longueur d'ondes des électrons est beaucoup plus courte que celle de la lumière, ce qui permet d'augmenter le grossissement et la profondeur du point focal. En 1938, Hillier et Prebus ont mis au point un microscope qui fonctionnait en faisant passer un faisceau d'électrons à travers un échantillon soigneusement préparé. Le faisceau était ensuite concentré sur une plaque photographique. Leur appareil grossissait les objets jusqu'à 7000 fois leurs dimensions réelles, tandis que les microscopes optiques ne produisaient qu'un grossissement de 2000 fois. Quelques années plus tard, Hillier et deux autres physiciens on conçu ce qui fut sans aucun doute le premier microscope à balayage à électrons. Il fonctionnait en balayant l'objet avec un faisceau d'électrons afin de produire une image similaire à celle d'un écran de télévision.
Lorsqu'il a pris sa retraite, il s'est dévoué à la promotion de l'éducation scientifique. Il prononce maintenant des discours à des élèves du secondaire sur les carrières en sciences. Parce qu'il n'aurait jamais pu fréquenter l'université sans obtenir de bourse, il a mis sur pied la James Hillier Foundation, qui octroie des bourses d'études aux élèves prometteurs en sciences de sa ville natale. Son travail lui a amené plusieurs honneurs, notamment l'Ordre du Canada.
John Tuzo Wilson
1908-1993
Jeune homme, John Tuzo Wilson a participé au lancement d'une expédition dans l'Arctique canadien visant à démontrer que le voyage sur de longues distances y était possible. Plusieurs scientifiques ont ensuite suivi son exemple, ouvrant la voie du Nord canadien à l'exploration scientifique. Il a même fait de plus grandes contributions aux théories de la tectonique des plaques et de la dérive des continents. En 1960, la théorie de la dérive des continents montrait des faiblesses. L'une des difficultés était qu'elle ne pouvait pas expliquer pourquoi les volcans actifs s'activaient souvent très loin de la frontière des plaques la plus proche. Wilson a proposé que les chaînes d'îlots volcaniques pouvaient être formées par le mouvement de la plaque sur un point chaud stationnaire de montée du magma. Il a également suggéré que si deux plaques glissaient l'une par-dessus l'autre, elles pourraient former une faille de transformation, comme la fameuse faille de San Andreas. Avec ces contributions, Wilson a solidement renforcé la théorie de la dérive des continents. Il est devenu une figure très connue de la géophysique.
Les compétences de Wilson comme professeur étaient admirées de tous; il avait aussi une réputation pour la reconnaissance et le développement du talent scientifique. En 1974, il a pu appliquer cette qualité à un auditoire beaucoup plus important, alors qu'il est devenu directeur du Centre des sciences de l'Ontario. Wilson a vu cette nomination comme une occasion d'informer le public sur l'importance de la science par l'entremise de démonstrations pratiques. En reconnaissance de son travail scientifique et de ses contributions à la société, Wilson a reçu de nombreux honneurs et plusieurs prix, notamment l'Ordre du Canada.