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Distribution
Le mode de distribution le plus simple emprunte la voie des ondes, acheminant
le signal en direct de lantenne émettrice de la station à lantenne réceptrice,
plus petite, aux domiciles des téléspectateurs. La télévision occupe une plus
grande partie du spectre de fréquence affecté à la radiodiffusion que tout autre
forme de communication électromagnétique. Un canal de télévision pourrait
desservir 30 stations de radio FM. Les canaux 1 à 13 de la très haute
fréquence ont été attribués à la télévision après la Seconde Guerre mondiale par
le gouvernement des États-Unis. Le canal 1 figurait au cadran des premiers
téléviseurs (710251) mais, comme il servait aussi à dautres services de radio
commerciale, il était sujet au brouillage et on la abandonné. Les autres canaux
sont restés tels quels. La collection compte plusieurs appareils des années 1950
et 1960, dont le sélecteur affiche les canaux 2 à 13.
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| Téléviseur Hallicrafters T-54 (710251) où sont indiqués les canaux 1 à 13, vers 1949 (MSTC/Peter Lindell) |
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| Modèle Admiral 24A12X (710447), à lensemble standard de canaux 2 à 13, vers 1960 (MSTC/Peter Lindell) |
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La distribution par câble coaxial – la télévision par antenne commune,
ainsi quon lappelait au début – est un autre moyen de diffusion. Le câble
est apparu au Canada en 1952. Son pionnier canadien a été Ed Jarmaine. Comme
celui-ci narrivait pas à obtenir des signaux clairs à lécran de son
téléviseur, il a décidé dériger une antenne sur pylône sur une colline tout
près et den partager le coût avec ses voisins en la reliant par câble à leurs
maisons. Le Canada a adopté le câble tôt et demeure lun des pays où la
télédistribution est la plus répandue.
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Cablosélecteur et télécommande Sparton (850420) utilisés pour recevoir des signaux à haute fréquence par câble, vers 1970 (MSTC/Peter Lindell) |
Le câble coaxial est un excellent mode de distribution à petite échelle mais
le Canada est très vaste. Le besoin en matière de canaux de transmission de la
SRC, qui avait le mandat détablir un réseau national, a convaincu les
principales compagnies de téléphone daménager une ambitieuse chaîne
transcontinentale de stations-relais de radio à ondes ultra-courtes. Le plus
long réseau de télévision au monde, mis en service dès 1959, sétend aujourdhui
de St. Johns (Terre-Neuve) à Victoria (Colombie-Britannique).
Létablissement du Calgary Relay Centre en 1960 a marqué un tournant
important dans lévolution de la distribution. Le centre combinait des
installations denregistrement magnétoscopique – le magnétoscope à quatre têtes
Ampex VR 1000 (811795) – à des installations de réception et démission.
Les émissions pouvaient y être stockées pour être transmises à lheure locale.
Des émetteurs-relais de faible puissance et des réémetteurs alimentés par
micro-ondes permettaient détendre le rayonnement du réseau et daméliorer le
signal aux endroits où il était faible.
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| Antenne parabolique et récepteur pour la télédiffusion en direct par satellite (20000014), 2000 (MSTC/Peter Lindell) |
En 1972, le lancement dAnik 1, premier satellite géostationnaire au monde à
être affecté à des communications commerciales nationales, a fait passer la
télévision à lère spatiale. En inuktitut, anik veut dire « frère »
et le satellite de ce nom a apporté la télévision au Nord canadien et à des
collectivités mal desservies ailleurs au pays. Au début, seuls les
télédiffuseurs et les télédistributeurs utilisaient les satellites pour relayer
leur programmation dans lensemble du pays. Mais, dans les années 1980, quelques
consommateurs ont commencé à se doter de grandes antennes paraboliques et des
décodeurs nécessaires pour recevoir et débrouiller les signaux. Dans les
années 1990, le lancement de satellites puissants qui utilisent la bande Ku a
rendu possible lusage des petites antennes paraboliques. Cest le Centre de
recherches sur les communications du Canada, avec son satellite Hermès, qui
avait été à lavant-garde de cette technologie de transmission directe dans les
années 1970.
En 1978, une nouvelle technique de distribution est apparue au Canada :
la fibre optique, « le grand pipeline ». Une fibre optique est un tube en
verre extrêmement pur aussi fin quun cheveu. Par cette fibre, des impulsions
lumineuses transmises par un laser peuvent voyager sur de grandes distances. À
la différence des micro-ondes, la fibre optique offre une capacité quasi
illimitée dans un médium exigu. Les signaux nont pas à partager le spectre des
fréquences avec dautres systèmes et sont insensibles au brouillage extérieur.
Un câble typique composé de douze fibres peut assurer des centaines de
voies vidéo. La fibre optique sert à la distribution vidéo locale ou longue
distance.
La révolution de la bande vidéo
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| Kinéscope (840140) qui enregistrait les images sur un écran vidéo (à gauche) en utilisant une cinécaméra (à droite), années 1950 (MSTC/Peter Lindell) |
Avant linvention de la bande vidéo, la télévision transmettait « en
direct » ou enregistrait sur film à laide dun kinéscope (840140) pour fin de
diffusion ultérieure. Une caméra cinématographique adaptée de 16 mm ou de 35 mm
servait à filmer lémission à partir dun écran-témoin de grande qualité une
fois celle-ci mise en ondes. Le résultat était médiocre, mais cétait le seul
moyen denregistrer une émission.
Au milieu des années 1950, Ampex, un chef de file dans lenregistrement
sonore, travaillait à un système denregistrement magnétoscopique employant la
technique du balayage à tête mobile, à laide dune bande magnétoscopique de
2 po (50 mm) de largeur, devant quatre têtes vidéo montées sur un
tambour rotatif. Lors du visionnement dune bande expérimentale sur laquelle
était enregistré un western, le président dAmpex sest exclamé :
« Cest un bon film, mais qui est le cheval et qui est le
cow-boy ? »
En 1956, Ampex a mis sur le marché son magnétoscope VR 1000 à
quatre têtes. Lappareil était encombrant et difficile à manier, mais il fonctionnait.
De nombreux perfectionnements ont ensuite été apportés aux
magnétoscopes en vingt ans : appareils plus compacts, magnétoscopes
couleur, appareils de montage électroniques, ralenti et reprise instantanée. Ces
magnétoscopes étaient pour la plupart des appareils à bobines. Le Musée a dans
sa collection divers spécimens de magnétoscopes Ampex, dont le modèle dorigine
VR 1000 (811795) et dautres, des années 1960, en modèles studio et
portatifs.
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| Ampex VR 1000 (811795), premier magnétoscope fonctionnel, vers 1956 (MSTC) |
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| Ampex VR660 (840058), une des premières tentatives de miniaturisation des magnétoscopes, années 1960 (MSTC/Peter Lindell) |
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| Lancé en 1971, le magnétoscope Sony de ¾ po (19 mm, 830365) était le précurseur dun appareil courant aujourdhui dans les maisons. (MSTC/Peter Lindell) |
En 1971, Sony a lancé son magnétoscope à cassettes de ¾ po (1 mm,
830365), qui sest vite imposé sur les marchés industriel et éducatif et a même
fait des incursions dans le journalisme électronique (JE) chez les
télédiffuseurs. Le magnétoscope à cassette Beta de ½ po (13 mm), que
lentreprise a commercialisé en 1976, a été le premier magnétoscope à apparaître
sur le marché nord-américain grand public. Il a été supplanté par la chaîne
vidéo domestique (VHS, pour Video Home System, 910154), aujourdhui
répandue dans les foyers canadiens.
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| Sony Betamax (850111), premier magnétoscope grand public au Canada (MSTC/Peter Lindell) |
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| Les magnétoscopes conçus selon la norme VHS (910154) se sont vite répandus au Canada. (MSTC/Peter Lindell) |
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Sapproprier les moyens de production
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| Caméra et magnétoscope Sony (951487, 951488), un système en noir et blanc populaire dans les établissements scolaires et les entreprises, vers 1970 (MSTC/Peter Lindell) |
Ladoption rapide des magnétoscopes par les Canadiens a révélé leur soif
davoir plus demprise sur ce quils regardaient et quand ils le faisaient.
Durant des années, la technologie vidéo a été monopolisée par les grandes
sociétés privées et les sociétés dÉtat. Mais la baisse des coûts et
laccroissement des capacités des produits électroniques ont rendu les appareils
vidéo plus accessibles. Dans les années 1960, les utilisateurs institutionnels
ont commencé à se servir de caméras et de magnétoscopes à des fins éducatives et
publicitaires. La collection du Musée compte plusieurs exemples de ce type
déquipement (951487, 951488).
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| Caméra et magnétoscope JVC CV-0001 (940222, 940223), ancêtre des caméscopes daujourdhui, vers 1976 (MSTC/Peter Lindell) |
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| Caméra RCA CKC020 (960105), un des premiers modèles grand public à DCC compact, 1985. (MSTC/Peter Lindell) |
Dans les années 1970, les fabricants ont lancé des caméras vidéo simples qui
pouvaient fournir des images aux magnétoscopes à domicile. Cet équipement était
encore relativement lourd et consommait beaucoup dénergie (940222, 940223).
Mais les progrès en électronique ont permis de stocker de plus en plus de
composantes sur des puces de silicium minuscules. Lune des innovations a été le
dispositif à couplage de charge (DCC), qui est venu remplacer le tube analyseur.
Plus légers, plus petits, plus résistants, moins énergivores et acceptant des
intensités de lumière plus faibles, les DCC ont été incorporés aux caméras vidéo
grand public au début des années 1980. Le modèle RCA CKC020 est un exemple de
ces caméras à DCC figurant dans la collection (960105). À la même époque, les
fabricants de matériel ont produit des cassettes compactes qui ont permis de
combiner caméra et magnétoscope en un seul boîtier léger : le caméscope. Avec le
temps, la collection du Musée devrait senrichir dappareils de ce type.
 
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