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4, 3, 2, 1... mise à feu !
 Pour étudier les éclipses solaires, le
Canada a lancé par fusées Black Brant
des charges utiles scientifiques de la
Nouvelle-Écosse en 1970 et 1972. (CNRC) |
Plutôt que de s'équiper d'installations de
lancement orbital, le Canada a décidé de se
concentrer sur les satellites scientifiques et de
télécommunications. La série de
fusées-sondes Black Brant (660114,
910011*) lui a néanmoins fourni le moyen
d'envoyer brièvement et à peu de frais des
engins dans la haute atmosphère. Construites
par Bristol Aerospace dès la fin des années
1950, les Black Brant venaient en douze
modèles différents ayant un, deux ou trois
étages et une longueur variant de
2 à 19,5 mètres, selon l'altitude maximale
désirée et la charge utile à lancer.
Dans les années 1960, les Black Brant ont eu pour concurrents trois
super-canons conçus par le physicien Gerald Bull (1928-1990) de l'Université
McGill. Dites HARP (High Altitude Research Program), les considérables
forces G exercées sur les charges mises à feu par les canons rendaient la
conception d'instruments particulièrement difficile. Comme les pressions
exercées par les Black Brant étaient bien plus faibles, mais pas insignifiantes,
ces fusées étaient choisies pour lancer la plupart des missions scientifiques. Des
installations de lancement de Black Brant, dont on voit un modèle près du
module sur ces fusées-sondes, ont été construites près de Fort Churchill
(Manitoba) et utilisées de 1956 à 1984. Leur remise en valeur a été tentée dans
les années 1990, sans suite.
Un phénomène rare - deux éclipses solaires visibles du même secteur en
quelques années - a été spécialement propice à l'étude de l'ionosphère.
La rampe Nike (860150) du Musée est l'une des cinq qui ont servi à lancer des
Black Brant pour observer l'ionosphère à partir d'East Quoddy
(Nouvelle-Écosse) lors des éclipses de 1970 et 1972. Pour les scientifiques de
l'atmosphère canadiens, c'était une rare occasion d'observer deux phénomènes
semblables d'un même point.
* Les numéros entre parenthèses sont les numéros d'acquisition des objets
de la collection du Musée.

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