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Tourne-disques

La disparition définitive du phonographe à cylindre inventé par Edison est causée par la mise en marché d'un appareil rudimentaire breveté en 1887 par Émile Berliner. Celui-ci enregistre les sons sur un disque en cire plutôt que sur un cylindre. Au lieu de tracer un sillon vertical dont la profondeur varie, le stylet se déplace latéralement, zigzaguant avec les variations de l'onde sonore. Cette innovation se révèle d'une grande importance car elle permet à Berliner d'effectuer à peu de frais plusieurs copies à partir d'un disque maître en cire, au moyen de la galvanoplastie d'un moule métallique. Les sillons sont ensuite reproduits sur un matériau plus mou. Berliner emploie d'abord du caoutchouc, mais finit par adopter la gomme-laque, une matière plastique naturelle qui s'amollit en chauffant, mais se durcit en refroidissant. Le plus ancien appareil Berliner du Musée, d'origine allemande, date de 1890 environ. Actionné par une manivelle et faisant jouer un petit disque, cet appareil est à peine plus qu'un jouet.


Fig. 6. Le premier gramophone de Berliner (770123) était actionné manuellement, vers 1890. (MSTC)

Ce n'est qu'en 1897 que le « gramophone » commence à concurrencer le phonographe à cylindre, après que Berliner a adopté la gomme-laque et installé des moteurs à ressort dans ses appareils. Au tout début du XXe siècle, les tourne-disques deviennent progressivement plus populaires que les phonographes à cylindre. Cela s'explique en partie par la facilité de fabrication et d'entreposage des disques, le niveau sonore plus élevé (mais plus approximatif) des disques et par la célébrité des chanteurs populaires et des grands noms de l'opéra recrutés par les fabricants de disques. En 1906, lors d'une autre campagne de mise en marché, la compagnie Victor Talking Machine, qui a repris aux États-Unis les brevets de Berliner, lance le modèle Victrola. Le cornet de cet appareil est dissimulé à l'intérieur d'un meuble, repensé pour décorer les salons de la bonne société. Edison réagit à ce défi de la concurrence en présentant en 1913 le tourne-disque Diamond Disc. Cependant, les disques d'Edison sont enregistrés selon la méthode des sillons à creux et à bosses, de sorte que ses disques et tourne-disques se révèlent incompatibles avec ceux des autres compagnies.


Fig. 7. Le modèle populaire Victrola IX (700192) a été commercialisé de 1911 à 1926. (MSTC)


Fig. 8. Le modèle Diamond Disk C-250 (690633), la riposte d'Edison au modèle Victrola, de 1915 à 1919.(Peter Lindell, MSTC)


Les derniers modèles du gros tourne-disque acoustique-mécanique sont commercialisés pendant les années 1920, et leur conception a subi l'influence des innovations dans le domaine de la radio. Le modèle Orthophonic Victrola Credenza est conçu pour optimiser la qualité sonore des nouveaux disques enregistrés à l'aide de microphones et d'amplificateurs électroniques. Le modèle Victrola Radiola se compose d'un tourne-disque acoustique et d'une radio logés dans un seul meuble, bien que, niveau du fonctionnement, les deux appareils restent indépendants.


Fig. 9. Le modèle Victrola Credenza de Victor Orthophonic (680294), de 1925 à 1928. (MSTC)


Fig. 10. Radiophonographe Victrola Radiola 7-11 (890143), 1928. (MSTC)