
Lère du diesel : modernisation et rationalisation
La Seconde Guerre mondiale a exercé une très forte pression sur les chemins de fer canadiens.
En plus davoir transporté des quantités de marchandises sans précédent ainsi quun nombre
record de passagers, et davoir franchi 336 millions de kilomètres en 1944 – la plus grande
distance cumulative de tous les temps –, les compagnies ferroviaires devaient participer à
la production de matériel de guerre. Les usines ferroviaires, comme les ateliers Angus du CP et
les ateliers de Pointe-Saint-Charles du CN à Montréal, ont modifié leurs capacités de
production à la faveur de celle de larmement. Le rôle de lindustrie ferroviaire canadienne
dans leffort de guerre de notre pays est parfaitement illustré dans les collections de
photos du Musée, dans de nombreuses reproductions de la collection de photographies du
CN et dans nos autres photographies qui prouvent de façon non équivoque limmense effort
déployé par les employés et les compagnies de chemin de fer durant cette période.
Les années qui ont suivi la fin de la guerre en 1945 ont permis de se réorganiser. Sur le plan
technique, de nombreuses tendances apparues avant la guerre ont continué à un rythme accéléré.
Le bois cédait de plus en plus la place à lacier comme matériau premier utilisé dans la
construction des wagons et des voitures. La complexité de la signalisation sétant accrue,
il fallait de plus en plus la contrôler à distance, à partir de bureaux centralisés au
détriment des manœuvres sur place. En fait, lexpérience en manutention accumulée durant
les années de guerre a fortement augmenté la densité de la circulation sur les lignes
ferroviaires, démontrant de ce fait lefficacité des systèmes de commande centralisés
des trains (CCT).
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| Voiture daffaires à voies étroites, Terra Nova. Manufacturier : Rhodes Curry, vers 1898. (MSTC 680900) |
Le système ferroviaire a poursuivi son expansion, mais à un rythme plus lent. Lors de ladhésion
de la province de Terre-Neuve à la Confédération en 1949, la ligne ferroviaire de la province –
la Newfoundland Railway – a été intégrée au CN. Les 1100 kilomètres de voie ferrée de la
Newfoundland Railway étaient très différents de la plupart des autres lignes au Canada.
À Terre-Neuve, les voies étaient plus étroites; elles mesuraient 1,067 mètre (3 pi 6 po)
de largeur alors que la norme en Amérique du Nord était de 1,435 mètre (4 pi 8 po). Construits
au début des années 1890, les chemins de fer de cette province revêtaient un aspect quelque peu
insolite sur les cartes ferroviaires de lAmérique du Nord. Notre collection sur Terre-Neuve
ne compte quun seul exemple de voiture à voies étroites, la Terra Nova, (680900).
Construite au Nouveau-Brunswick à la fin des années 1890, elle a été utilisée par les
dirigeants de la compagnie et par les dignitaires politiques jusque dans les années 1960.
La Terra Nova est lexemple typique dune voiture privée ou daffaires, étant équipée dun
petit salon, dune salle à manger, dune chambre à coucher et dune cuisine. Cette voiture
a été restaurée en entier avant dêtre remise au Musée en 1968.
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| Parc provincial Strathcona, de Walter J. Phillips, huile sur toile, 1954. (MSTC 870013.1) |
Bien quactuellement le Musée ne possède aucune voiture daprès-guerre, il a acquis une superbe
collection de peintures commandées par le CP au début des années 1950 pour décorer les voitures
panoramiques de son train transcontinental ultramoderne à grande vitesse, Le Canadien. Les murales
de la voiture Parc forment une collection de peintures retirées des dômes des voitures
dobservation que le CN avait rénovées au début des années 1980. Ces murales qui illustrent
de nombreux parcs provinciaux et nationaux sont le travail de certains artistes canadiens
les plus éminents de leur époque, y compris Walter Philips, lauteur de lœuvre sur le parc
Stratchona reproduite ici (870013.1). Non seulement ces peintures offrent-elles
un exemple intéressant de lart canadien, mais elles témoignent en outre du rôle de mécènes
quont tenu les chemins de fer canadiens pour la communauté artistique du pays.
Lun des changements les plus importants de laprès-guerre a été ladoption rapide des locomotives
diesel-électriques. En 1947, un peu plus de 98 p. 100 des 4451 locomotives qui appartenaient aux
grandes compagnies ferroviaires étaient propulsées à la vapeur. En 1965, plus aucune des 3323
locomotives nutilisait la vapeur. Leffet de ce changement sur la nature des activités et sur
la culture des chemins de fer au Canada a été énorme et dépasse de beaucoup lenvergure du présent
rappel historique. Il faut cependant souligner que la locomotive diesel-électrique était de
beaucoup plus efficace que celle propulsée à la vapeur et que son entretien était beaucoup
moins exigeant.
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| Locomotive diesel-électrique 4065 du CP en service, 1968. (Photo : S. Smaill) |
Plusieurs objets de la collection représente bien la technologie diesel-électrique.
Notons en premier lieu la locomotive 4065 (900064) du CP, construite par la Canadian Locomotive
Co. de Kingston en 1951. Munie dun moteur à pistons opposés Fairbanks-Morse, la 4065 a été
lune des premières locomotives « C-Ligne » fabriquée au Canada. Au début, elle était utilisée
comme locomotive de démonstration. Puis, dès 1975, elle a été déclarée démodée, ce qui illustre
la rapidité dévolution de la conception diesel-électrique. À lheure actuelle, elle est la
seule locomotive diesel de grandes lignes de la collection, et représente l’aube d’une nouvelle
ère dans les chemins de fer canadiens.
Pendant que la locomotive diesel changeait de façon marquée limage des chemins de fer canadiens,
les véhicules moteurs exerçaient une forte influence sur les services quoffraient les compagnies
ferroviaires. Il importe cependant dindiquer que les compagnies transportent aujourdhui une plus
grande quantité de marchandises sur de plus grandes distances quelles ne lont jamais fait.
Les chemins de fer, tout en sadaptant à la vie moderne, continuent de jouer un rôle vibrant
et de premier plan dans un système de transport canadien diversifié.
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