
Réglementation de la mesure au Canada après la Confédération
Le Parlement du Canada est responsable de la réglementation des mesures commerciales depuis la Confédération, en 1867. En 1871, le jeune gouvernement du Canada a passé une importante commande à des fabricants britanniques pour remplacer les différents étalons utilisés antérieurement par les provinces. Les nouveaux ensembles ont été livrés en 1874, et cette date apparaît sur plusieurs étalons canadiens originaux de volume et de masse.
La règle Troughton & Simms datant de 1845 a été remplacée en 1874 par deux « verges étalons du Dominion » (880251) fabriquées aussi par T&S.
| L'extrémité droite de l'exemplaire « B » de la verge étalon du Dominion, fabriquée en acier brasé comme la verge de 1845. Les dépressions visibles à chaque bout correspondent aux endroits où des marques (+) ont été gravées pour indiquer la longueur exacte de l'étalon. Les lignes sont si fines que bien des gens ont besoin d'un microscope pour les voir. Deux des sceaux de cire visibles sur le caisson aident à établir l'historique de cet instrument de mesure particulier. |
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L'exemplaire du Musée était conservé au Sénat du Canada, ce qui démontre l'importance qu'on accordait à ces objets. Les sceaux de cire préservés sur le caisson ajoutent à son intérêt et aident à retracer sa provenance. Cet artefact – comme plusieurs autres étalons primaires du xxe siècle – a été acquis du Conseil national de recherches du Canada (CNRC). Plusieurs des autres objets façonnés vus ici ont été saisis de Mesures Canada.
Dans les années 1880, avec l'utilisation de plus en plus répandue du gaz à des fins d'éclairage, de chauffage et d'énergie commerciale, il est devenu nécessaire d'ajouter des étalons pour réglementer les mesures de gaz. La collection du Musée comprend des instruments variés utilisés à cette fin, les plus intéressants étant le calorimètre gazométrique (970229) et l'étalon d'écoulement du gaz (970227).
| Ce calorimètre gazométrique (970229) fabriqué par Alexander Wright & Co. aux environs de 1900 servait à établir le contenu calorifique ou thermique d'une mesure de gaz donnée à une température spécifiée. Cet instrument a été l'un des premiers à comprendre un dispositif d'enregistrement. |
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Étalon d'écoulement du gaz (970227) fabriqué par Alexander Wright & Co. vers 1910. On faisait passer une certaine quantité d'air de l'étalon dans le compteur pour déterminer si les données enregistrées concordaient. L'appareil a perdu quelques raccords de laiton, mais il n'en demeure pas moins impressionnant. |
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Le calorimètre servait à vérifier le contenu énergétique du gaz, tandis que l'étalon servait à tester ou à « prouver » que les compteurs de gaz enregistraient exactement la quantité de gaz qui y passait.
En 1901, Otto Klotz, un astronome qui travaillait alors pour les Levés géodésiques du Canada, déplorait dans un de ses écrits sur l'histoire de la métrologie au Canada le manque de laboratoires équipés pour conserver et comparer scientifiquement les étalons utilisés au pays. Le gouvernement du Canada a pris cette préoccupation au sérieux et, quelques années plus tard, il a acheté une grande quantité de nouveaux instruments pour le ministère du Revenu de l'Intérieur. Des laboratoires spécialisés comme celui des Levés géodésiques du Canada ont aussi été mis sur pied, et de nouveaux étalons ont été acquis.
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Le laboratoire d'étalonnage (1913) du ministère de l'Arpentage des terres fédérales, à Ottawa, comprend un comparateur, des microscopes de lecture et des vis pour l'ajustement en longueur d'une règle étalon d'un mètre faite d'un alliage invar à faible expansion. Cette règle, à son tour, servait à vérifier les règles de un à quatre mètres utilisées par les arpenteurs. On peut aussi voir sur les murs des thermographes servant à surveiller la température dans le laboratoire (F). |
Le système métrique a été établi en 1795, et le Bureau international des poids et mesures de Paris, en 1875. Ce système a été adopté légalement en Grande-Bretagne – et par conséquent au Canada – en 1884. Le Canada a adhéré à la Convention du mètre en son propre nom en 1907, mais il a fallu attendre plusieurs années avant que le système métrique ne remplace les mesures impériales. Le passage officiel à la mesure métrique a eu lieu en 1971, mais les deux systèmes de mesure, le métrique et l'impérial, ont obtenu un statut légal en 1984. Nos étalons secondaires pour les volumes métriques (970080) datent d'après 1873. Le Musée possède également un mètre étalon (970076) employé comme étalon de longueur secondaire au Canada à compter de 1909.
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| Le gouvernement du Canada a acquis ces mesures métriques de volume (980080) vers 1874. C'est à cette époque que la Grande-Bretagne et le Canada ont commencé à envisager la conversion au système métrique. L'ensemble que possède le Musée a été fabriqué par Collot Frères à Paris. |
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Mètre étalon de 1909 (970076) fabriqué par W. & T. Avery de Birmingham, Angleterre. Remarquez les boutons de bois qui se vissent dans la barre, et qui permettent de la soulever pour la sortir du caisson et de l'isoler de la chaleur des mains de l'utilisateur. Cet étalon a probablement été acquis à la suite de l'adhésion du Canada à la Convention du mètre en 1907. |
Les instruments de la collection ultérieurs à 1900 comprennent aussi trois ensembles de masses impressionnants : l'un est fondé sur les onces troy (970163), l'un sur les onces avoirdupois, et le dernier est métrique (970162 et 970161 – pas d'illustration). Chaque ensemble de 23 ou de 24 masses est protégé par trois caissons en chêne. Tous ont été fabriqués à Londres par L. Oertling.
| Un des trois caissons protégeant l'ensemble de masses de 1912 (970163) fondé sur les onces troy. Ces masses ont servi d'étalons secondaires au Canada jusqu'en 1969 avec les caissons « C ». L'ensemble métrique primaire « A » (970098) remonte à 1909 et se trouve aussi dans la collection du Musée. Tous ont été fabriqués à Londres par L. Oertling. |
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La vérification de la pyxide est un des rôles que la Direction de la métrologie légale a tenus jusque dans les années 1970. Il s'agissait d'une vérification annuelle au cours de laquelle on pesait des échantillons des dollars en argent produits par la Monnaie royale du Canada pour s'assurer qu'ils contenaient la quantité d'argent prescrite par la loi. Il s'agissait d'une activité très protocolaire, aussi les balances et les poids utilisés pour l'occasion étaient-ils traités avec une attention et un soin particuliers. La balance Oertling (970131) que l'on voit ici était réservée à cette cérémonie.
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Cette balance utilisée pour la vérification de la pyxide a été fabriquée aux environs de 1930 par Oertling, à Londres. On l'utilisait annuellement jusque dans les années 1970 pour vérifier le contenu en argent des pièces de monnaie canadiennes durant une cérémonie officielle appelée « vérification de la pyxide ». Il est question de la pyxide dans une lettre écrite par sir Isaac Newton, à l'époque où il était Directeur de la Monnaie, relativement à la procédure à suivre à cet égard. |
Le Musée au aussi fait l'acquisition de quelques-uns des premiers instruments électriques conçus pour le réglage des compteurs au moment de l'électrification des villes et des villages, vers 1910–1915. Au CNRC, à partir de 1920 environ, on utilisait une balance électrique Kelvin (970093) en tant qu'étalon secondaire pour mesurer la résistance et le courant électrique, tandis que le ministère du Revenu de l'Intérieur se servait d'un potentiomètre Drysdale (840664) pour mesurer la tension et le courant alternatif ou continu.
| La balance de courant de lord Kelvin (970093) utilisait deux courants électriques qui circulaient dans deux séries de bobines de câble. Cela produisait des champs magnétiques opposés au-dessus et au-dessous de deux plaques attachées au bras de la balance (bras en argent à l'avant). La balance était ajustée à l'aide de petits poids afin d'amener le bras à la position 0. Le poids nécessaire pour y parvenir donnait une comparaison directe des deux courants qui circulaient dans les bobines. |
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Ce potentiomètre Drysdale (840664) a été fabriqué à Londres par H. Tinsley & Co. entre 1898 et 1905. On s'en servait pour mesurer la tension et le courant alternatif ou continu dans les circuits électriques, y compris dans le matériel à l'essai. |
Le voltmètre (970090) était employé comme étalon de laboratoire pour déterminer la tension en courant continu dans les circuits où l'on faisait l'essai d'instruments.
| Voltmètre étalon de laboratoire (970090) utilisé pour vérifier la tension dans les circuits témoins. Remarquez le thermomètre à gauche du coin inférieur gauche du compteur. Il servait à enregistrer la température pour effectuer la correction à une valeur donnée. Fabriqué dans les années 1920 par la Weston Electrical Instrument Co. de Newark, N.J. |
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Peu après, le ministère du Revenu de l'Intérieur a commencé à acquérir, à tester et à approuver tous les types de compteurs de consommation d'électricité destinés aux maisons et aux entreprises du Canada. Le compteur de demande d'énergie (840550) est un exemple de ce type d'instruments.
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Compteur de demande en watts Lincoln-Sangamo (vers 1920), qui enregistrait l'utilisation de l'énergie en kilowattheures ou en kilovoltampères. Les types et les modèles nouveaux de compteurs électriques utilisés au Canada devaient être déposés au ministère du Revenu de l'Intérieur (plus tard à la Direction de la métrologie légale, et aujourd'hui à Mesures Canada). On faisait l'essai de ces compteurs pour en vérifier l'exactitude, et il fallait une autorisation avant de pouvoir les utiliser sur une base commerciale. |
Jusqu'à récemment, la loi obligeait Mesures Canada à les conserver, mais plusieurs font désormais partie de la collection nationale du Musée. La plupart ont été fabriqués au Canada, mais des exemplaires provenant d'autres pays ont aussi été acquis, et ont fait l'objet d'essais et de comparaisons avec les compteurs d'ici. Le Musée en possède aujourd'hui plusieurs.
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