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Les transferts industriels et l'art de la décalcomanie

Les techniques de transfert

Trois techniques différentes étaient utilisées pour appliquer les décalques : le transfert à l’eau, l’application à base de ciment ou le procédé autocollant, utilisé principalement pour l’ornementation de la porcelaine.

Les transferts à l’eau, dont les techniques étaient les plus souvent utilisées, se divisaient en trois catégories : les transferts par glissement (on imprimait l’image à l’endroit et on faisait glisser le papier à l’endroit sur une surface), les transferts directs (on appliquait une légère couche de vernis sur l’image, qui était ensuite placée en contact direct avec la surface réceptrice) et les transferts doubles (on les appliquait habituellement sur du verre et ils pouvaient être lus d’un côté ou de l’autre). On imprimait les transferts directs à l’eau sur du papier simplex. À l’origine, on saturait d’eau la totalité du décalque avant le transfert. Lorsque le décalque

  (Fig.19)
Monogramme de transfert apposé sur le train royal pendant la visite royale de 1939 au Canada
(Collection MSTC/CN 003710)
était dans l’eau, le mélange de gélatine, d’albumen et de gomme arabique se séparait du papier et flottait sur l’eau. On soulevait soigneusement le décalque, l’appliquait sur la surface de transfert et le laissait sécher. L’image transférée était toujours couverte d’une laque ou d’un vernis qui en augmentait la durabilité.

Puisque l’image pouvait facilement être endommagée lorsqu’on la retirait de l’eau, une technique plus efficace a été mise au point plus tard. D’abord, on nettoyait la surface réceptrice pour enlever la poussière et la saleté. Puis on appliquait sur l’image une mince couche de vernis qu’on laissait sécher. Immédiatement avant le transfert, on appliquait une autre couche de vernis. Ensuite, le décalque, y compris la pellicule protectrice, était appliqué sur la surface, à partir du centre jusqu’aux extrémités. Lorsqu’il était fermement fixé à la surface, on saturait lentement d’eau la couche de papier. Ce procédé exigeait de la précision pour éviter que l’eau ne s’infiltre dans la couche de l’image. On détachait ensuite le papier détrempé de la pellicule protectrice.

(Fig.18)
Transfert sur papier duplex comportant le monogramme du roi George VI (750129.388)
 

Les transferts à l’eau préparés sur du papier duplex nécessitaient l’application d’un ciment. On séparait d’abord un petit morceau de papier de soie de la pellicule protectrice, habituellement dans un coin. Ensuite, on appliquait sur l’image une couche de ciment à décalque avec un linge doux, puis on laissait reposer le tout pendant environ dix minutes. Lorsque le ciment atteignait la consistance désirée, on appliquait le décalque sur une surface humide propre à l’aide d’un rouleau de caoutchouc ou d’une éponge. La surface humide empêchait le décalque de coller immédiatement et il était ainsi plus facile de le déplacer.

On retirait ensuite la pellicule protectrice en commençant par le coin déjà découvert. Le papier de soie et un dépôt de gomme arabique demeuraient sur le décalque et devaient être enlevés avec une éponge humide. Si on les laissait sécher, ils faisaient craquer le transfert et endommageaient l’image. On laissait ensuite sécher le transfert jusqu’à deux semaines avant de le laver au benzène pour éliminer le ciment excédentaire. L’image finale était protégée par une couche de vernis.