
Études gravitationnelles et sismiques
LObservatoire fédéral avait une autre mission, comme lindiquait le comportement de certains employés qui, plutôt que de scruter le ciel au-dessus du dôme de lObservatoire, se rendaient au sous-sol pour étudier les variations gravitationnelles et les activités sismiques. LObservatoire sest joint à un réseau mondial croissant de centres utilisant des sismographes pour détecter les tremblements de terre et déterminer, grâce aux renseignements obtenus, lemplacement des activités sismiques. Le Musée possède quelques sismographes parmi les premiers fabriqués mais aucun ne provenant de lObservatoire fédéral.
Par contre, le Musée a dans sa collection quelques exemples dappareils de gravité. Le plus ancien est lappareil de gravité de type Mendenhall (1987.2133), fabriqué par George N. Saegmuller de Washington, DC. Cet appareil avait été inventé en 1889-1890 par T. C. Mendenhall, de la United States Coast and Geodetic Survey. Les pendules (1993.0234) utilisés dans les appareils de ce type ont aussi été fabriqués par Saegmuller. Leur surface dorée permettait de minimiser la corrosion et labsorption de lhumidité ou dautres contaminants qui auraient pu modifier leur masse. Au Canada, les premières mesures de la gravité ont été prises avec cet appareil par Otto Klotz en août 1902. Celui-ci sest déplacé dune côte à lautre du Pacifique à loccasion de la liaison du Canada à lAustralie par cable sous-marin, prenant des mesures de gravité en cours de route, par exemple à Tahiti. Mais les activités systématiques continues au Canada nont commencé quen 1912. Selon Klotz, il fallait avoir beaucoup de temps et des connaissances considérables pour apprendre à installer lappareillage sur le terrain.
 Appareil de gravité de type Mendenhall (MSTC 1987.2133.1) employé un peu partout au Canada et dans le Pacifique par Otto Klotz. |
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 Le scientifique utilisait plusieurs pendules différents (MSTC 1993.0234) dans la chambre à succion du boîtier pour déterminer la valeur « g » selon le temps que mettaient les pendules à effectuer un nombre donné de mouvements aller-retour. |
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 On mesurait le temps à laide dun chronomètre de marine adapté à la tâche (MSTC 1987.2132). En réaction à une gravité supérieure à 1 g, les pendules bougent un peu plus vite. |
On montait les pendules fabriqués avec précision un à la fois dans la chambre, qui était évacuée pour minimiser les variations de température et protéger lappareil contre le vent. Les pendules mesurent 0,5 mètre de long et leur mouvement prend exactement une demi-seconde à 1 g (la valeur de la gravité à la surface de la Terre à une distance égale au rayon moyen de la Terre). Aux endroits où la gravité est supérieure ou inférieure à 1 g, le pendule bouge plus rapidement, dans le premier cas, ou plus lentement, dans lautre. Par exemple, sil y a concentration de masse sous lappareil, comme un dépôt de fer ou de nickel, le mouvement des pendules est plus rapide. La période est mesurée à laide dun chronomètre (1987.2132, Ulysse Nardin, Suisse). Grâce à des soins méticuleux, les pendules de belle facture employés avec cet appareillage ont pu être utilisés jusque dans les années 1970 avec des appareils plus modernes.
 A. H. Miller avec la balance de torsion Askania (MSTC 1987.2131) et son abri portatif. LAskania a remplacé la balance Medenhall à la fin des années 1920.
| Le Musée compte dans sa collection lune des deux balances de torsion utilisées à partir du début des années 1920 par A. H. Miller, de la Commission géologique du Canada, dans le cadre du tout premier levé gravimétrique à grande échelle réalisé au pays. Les levés de ce genre permettaient entre autres choses de repérer des masses de minéraux pour lindustrie minière en émergence au Canada. La balance de torsion Askania du Musée (1987.2131, période 1925-1928) sert à enregistrer les observations à laide de photographies et à faciliter les observations visuelles. Deux barres sont suspendues et ajustées de manière à être exactement parallèles. Chacune delles supporte deux poids lourds, lun placé sur la barre et lautre suspendu à lextrémité opposée. À 1 g, les barres demeurent parallèles mais, si elles sont installées à un endroit où la gravité est supérieure ou inférieure à 1 g, les poids placés sur les barres font légèrement tourner celles-ci, en raison de leur gravitation mutuelle. Un faisceau lumineux et des miroirs offrent une vue rapprochée de la déflexion et la lecture directe de la valeur « g ».
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